Se détruire à tout prix, le paradoxe moderne d’un monde en paix

Comme vous avez pu le constater, ce sont plus de 12 500 ogives nucléaires qui sont toujours officiellement disponibles. De ce nombre, 90% sont aux mains des États-Unis et de la Russie, deux puissances militaires aux visées internationales aux antipodes, ce qui fait du risque nucléaire une menace tangible et effrayante. D’autant plus effrayante lorsqu’on se rappelle les propos du physicien J. Robert. Oppenheimer, l’un des principaux artisans de la bombe atomique, alors qu’il était témoin de la puissance de sa création : I am now Death, the Destroyer of worlds. … Même si la Guerre Froide est maintenant l’histoire du passé, des conflits comme celui de la guerre en Ukraine me pousse à croire que l’instabilité internationale demeure réelle et qu’un conflit généralisé n’est jamais bien loin.

Tout de même, je n’essaie pas ici de dépeindre une situation hors de contrôle qui mènera inéluctablement et inévitablement à une destruction totale de l’humanité, telle qu’on la connaît aujourd’hui. Cet essai n’en est pas un qui tente de dépeindre la situation actuelle comme étant désespérée, au contraire. C’est pourquoi il est important de souligner les bons coups et les initiatives positives qui donnent espoir, qui laissent croire qu’il est possible de changer les choses grâce à la coopération. Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires est l’un de ces exemples desquels il serait utile de s’inspirer. Depuis son entrée en vigueur en 1970, il a notamment permis d’encadrer la question des armes nucléaires et d’envisager un scénario positif quant à l’évolution de cette question.

Avec 191 adhérents, dont les États-Unis et la Russie, ce traité a notamment pour objectif d’empêcher la propagation des armes nucléaires et de la technologie des armements, de promouvoir la coopération aux fins de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire et de favoriser la réalisation de l’objectif du désarmement nucléaire et du désarmement général et complet.  Rappelons-nous qu’au tournant des années 1970, ce sont plus 70 000 têtes nucléaires qui étaient disponibles, un nombre frappant qui illustre encore une fois la folie des dirigeants qui veulent projeter leur puissance sur la scène internationale. Avec le démantèlement de plus de 60 000 ogives durant les 54 dernières années, il est nécessaire de souligner l’efficacité de ce traité et de répéter l’importance de la collaboration dont est capable l’humanité lorsqu’elle fait face à une situation qui n’est manifestement pas gagnante pour personne.

Comme la dit António Guterres, secrétaire général de l’ONU ; Tout au long de la moitié du siècle dernier, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires a été un pilier essentiel de la paix et de la sécurité internationales et s’est placé au cœur du régime de désarmement et de non-prolifération nucléaires. Il n’est donc peut-être pas si utopique d’imaginer un monde où la menace nucléaire n’existerait plus, même s’il reste manifestement encore beaucoup à faire pour y arriver. 

Ce chapitre est actuellement en cours de rédaction. Des changements mineurs ou majeurs pourraient y être apportés. En attendant la suite, voici un passage qui sera bientôt disponible :

« N’est-il pas difficile de croire que l’homo sapiens ait fini par mettre en priorité le développement de son potentiel militaire au-dessus de tous les besoins criants et de toute la souffrance présentement observable dans le monde? Toute cette énergie et ce potentiel simplement dévolus à la perte de l’autre, alors que nous faisons face à d’innombrables défis, comme la famine et la malnutrition sévère, l’urgence climatique, le sous-développement, les traitements de maladie, l’accès à l’eau, la pauvreté et la criminalité. Les États font le choix de prioriser leurs dépenses militaires à l’instar de tous ces humains qui souffrent un peu partout sur la planète … C’est à se demander si cette fascination pour le progrès et l’avancement technique, inexorable, inépuisable, qui a lentement permis à une grande partie de l’humanité de mieux vivre finira paradoxalement par être la raison de notre chute »

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